Hypnose et anesthésie : quand les hôpitaux utilisent l’hypnose au bloc opératoire
Hypnose et anesthésie :L’hypnose, longtemps cantonnée au domaine du bien-être ou de la psychologie, trouve désormais sa place dans les blocs opératoires français. On parle d’hypnosédation ou d’hypnoanalgésie lorsqu’elle est associée à une anesthésie locale ou à une sédation légère. Loin d’être une curiosité, cette pratique transforme la manière dont les patients vivent leur intervention, en réduisant l’anxiété et en modifiant la perception de la douleur.
Comment fonctionne l’hypnose médicale ?
Contrairement à ce que l’on croit souvent, l’hypnose ne plonge pas le patient dans un sommeil profond. Elle induit un état de conscience modifiée où l’attention est redirigée vers des images positives, des souvenirs ou des sensations agréables. Le praticien, généralement un anesthésiste ou un infirmier anesthésiste formé à l’hypnose médicale, accompagne cette expérience en parallèle d’une anesthésie locale. Le patient reste éveillé mais détaché de la douleur et du stress liés à l’intervention.
Des hôpitaux français pionniers
Plusieurs établissements ont intégré l’hypnose dans leurs protocoles opératoires. À Paris, l’hôpital Trousseau propose régulièrement des interventions sous hypnose et a développé une véritable expertise en la matière. À Montpellier, l’hypnose est utilisée en neurochirurgie pour des opérations délicates où il est préférable de garder le patient conscient. Le Centre Léon Bérard à Lyon et le Centre hospitalier Jacques Cœur à Bourges expérimentent également cette approche, avec des résultats encourageants sur la réduction des doses de produits anesthésiques et sur le confort global des patients.
Les bénéfices constatés
Les patients qui bénéficient de l’hypnose au bloc opératoire décrivent une anxiété moindre avant l’intervention, une meilleure tolérance pendant l’opération et une récupération plus rapide. La diminution des doses de médicaments réduit aussi les effets secondaires classiques de l’anesthésie, comme les nausées, la somnolence prolongée ou les maux de tête. L’hypnose offre par ailleurs un sentiment de contrôle et de sérénité qui change radicalement l’expérience opératoire.
Ce que dit la recherche
Plusieurs études confirment ces bénéfices. Dans le cas des biopsies mammaires, par exemple, les patientes accompagnées par l’hypnose ont rapporté moins de douleur et un plus grand confort. D’autres travaux mettent en évidence une baisse significative des besoins en antalgiques après l’opération, signe que l’hypnose agit non seulement pendant l’intervention mais aussi sur la récupération post-opératoire.
Limites et conditions
L’hypnose n’est pas une solution universelle. Elle exige une formation spécifique du personnel médical et repose sur la coopération active du patient. Elle convient particulièrement aux interventions réalisables sous anesthésie locale et dont la durée reste raisonnable. Dans ces conditions, elle ne remplace pas systématiquement l’anesthésie classique mais constitue une alternative précieuse, qui permet d’allier sécurité médicale et bien-être psychologique.
Vers une médecine plus globale
L’intégration de l’hypnose au bloc opératoire traduit une évolution de la médecine moderne vers une approche plus humaine et plus globale du soin. En s’appuyant sur les ressources intérieures du patient, elle dépasse le simple traitement du corps pour inclure l’esprit et l’expérience vécue. Pour celles et ceux qui doivent affronter une intervention chirurgicale, l’hypnose ouvre une nouvelle voie, faite de sérénité et de confiance, au cœur même d’un moment souvent redouté.
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